Depuis le début de 2014, les horreurs croissantes dont les chrétiens du Proche-Orient sont victimes ont touché vos coeurs. Nous avons enregistré beaucoup de dons d’urgence et quelques legs substantiels, notamment en faveur des chrétiens de Syrie ou de ceux d’Irak qui ont dû fuir la plaine de Ninive conquise par les fous criminels du prétendu État islamique.

Nous vous proposons ici un bilan des actions de solidarité que nous avons pu concrétiser grâce à votre générosité ces quinze derniers mois. Grâce à une structure très légère (une seule employée à mi-temps) induisant des frais de fonctionnement minimaux (dont l’essentiel est généré par nos indispensables missions d’information et de sensibilisation, parmi lesquelles l’édition et la diffusion de ce Bulletin), nous sommes en mesure de consacrer vraiment au maximum vos dons aux besoins de nos frères orientaux en détresse.

 

Tout d’abord, un mot de nos Boursiers. Solidarité-Orient accorde des bourses à des étudiants chrétiens proche-orientaux, religieux ou laïcs, qui poursuivent une formation supérieure dans une université ou un institut d’enseignement supérieur belge (de préférence – mais pas exclusivement – en théologie) et qui s’engagent à retourner dans leur pays après leurs études pour y mettre leurs compétences au service de leur communauté, de leur Église, de leurs concitoyens. Nous soutenons actuellement 4 boursiers : Joumana Khalil, libanaise, inscrite à l’Institut d’Études Théologiques de Bruxelles, Dibo Habbabé, syrien, doctorand à la KUL (études syriaques), Manhal Makhoul et son frère Georges, l’un doctorand (études arabes chrétiennes) et l’autre étudiant à l’UCL. Nous avons aussi aidé provisoirement Mina Raouf Amgad, un étudiant copte catholique recommandé par son Patriarche et par l’Institut d’Études Orientales des dominicains du Caire, doctorand en théologie à l’Université de Strasbourg. Sa bourse est maintenant prise en charge par notre association sœur française L’Œuvre d’Orient. Le montant total de ces bourses et des aides ponctuelles qui s’y sont ajoutées (achats de livres, participation à des colloques à l’étranger, etc.) s’est élevé en 2014 à 20 511,90 €.

 

En Égypte, notre aide principale a été cette année au Dr Adel Ghali et à Sœur Maria, qui furent longtemps proches collaborateurs de Sœur Emmanuelle et portent l’ambitieux projet d’une nouvelle école pour les chiffonniers coptes du bidonville d’Ezbet en-Nakhl, dans l’est du Caire. 10 000 € leur ont été alloués comme contribution à l’achat du terrain. Nous avons également aidé, à hauteur de 1 500 €, un jeune copte particulièrement méritant, Magued Saïd Soghbi, recommandé par les Pères Lazaristes d’Alexandrie, à lancer une petite boutique de vente de tissus manufacturés à Alexandrie.

 

En Éthiopie, c’est à l’acquisition d’un terrain et au lancement du chantier de l’école pour enfants défavorisés Merci Lal dans la ville sainte de Lalibela que nous avons affecté une somme de 15 000 €, provenant en partie d’un legs laissé par un fidèle lecteur et ami, l’abbé Ignace De Kesel, dont le nom sera donné à la bibliothèque de l’établissement.

 

En Irak, votre générosité témoigne de la grande émotion que vous avez ressentie à la suite de l’offensive du Daesh qui a chassé des milliers de chrétiens de chez eux. En association avec le Comité de soutien aux chrétiens d’Orient et avec le concours du député Georges Dallemagne et de La Libre Belgique, nous avons pu d’ores et déjà récolter et envoyer à l’association « Un toit pour les familles déplacées » créée par l’ensemble des évêques d’Erbil, toutes confessions confondues, une aide de 57 000 €. Les évêques nous donnent des informations précises sur les familles secourues. Cette grande action de solidarité doit continuer. La détresse de ces frères victimes d’une barbarie sans nom est immense.

 

En Israël, Solidarité-Orient intervient indirectement en accueillant des dons pour l’association « Les Amis de la Galilée », qui bénéficie ainsi de notre déductibilité fiscale. De nombreux projets au bénéfice des chrétiens de Galilée ont par ce biais été gratifiés de 18 400 €.

Au Liban, depuis longtemps nous soutenons (15 234,92 € en 2014) le magnifique orphelinat des Sœurs grecques-catholiques de Notre-Dame-du-Bon-Service à Jabboulé, dans la Beqaa, qui accueille une centaine d’orphelins issus de milieux défavorisés et tente de leur donner un cadre pour se construire et avoir une vie équilibrée. Il vise aussi à réunir dans la paix les chrétiens et les musulmans. Certains enfants viennent de villages qui sont actuellement, de par le conflit syrien, en tension l’un avec l’autre : Ersal, Laboué, al-Aïn ou encore Nabi Osmane. Nous recueillons aussi des dons (7 000 €) pour l’école des Sœurs des Saints-Cœurs à Aïn Ebel, dans l’extrême sud du pays, à 4 km de la frontière israélienne (voir le site http://www.ainebel.sscc.edu.lb/). Enfin, nous avons contribué pour 5 500 € au remarquable travail accompli au Foyer de la Lumière (Beyrouth) par notre ami le Dr Robert Caracache. À travers un programme d’alphabétisation, de rééducation morale, de formation professionnelle ou semi-professionnelle et de suivi psychologique, le Foyer offre à des mineurs sans abri et victimes de la prostitution et de l’exploitation sexuelle ou tombés dans la délinquance, l’opportunité d’être réintégrés dans la société, ainsi que la possibilité d’une guérison psychologique et morale, et ce sans discrimination quant à la race ou la religion. Le Foyer a récemment étendu son action aux réfugiés syriens. L’accueil des réfugiés mobilise également les forces de l’association « Libami » de Francis Leduc, Père blanc, qui a reçu de nous 4 000 €, ainsi que du Père Joseph Saghbini, prêtre grec-melkite-catholique de la paroisse de Furzol, dans la Beqaa, que les pèlerins de Solidarité-Orient ont connu lorsqu’il était à Jérusalem (don de 5 000 €). Enfin, nous avons transmis 12 500 € aux petites sœurs belges du camp palestinien de Dbayeh, que nous vous donnons à connaître dans ce Bulletin.

 

En Palestine, nous avons continué à favoriser modestement (2 000 €) l’excellente Bethlehem Arab Society for Rehabilitation (http://www.basr.org/en/) du Dr Edmund Shehadeh. L’école non confessionnelle « Le Petit Prince «  (Bethléem), que nous vous avons fait découvrir dans un récent Bulletin, a reçu une aide importante de 20 000 €, dans le cadre d’un partenariat avec la Province de Hainaut : cela a permis à cette institution dans une situation financière délicate de payer les salaires de ses enseignants. Une autre école, dépendant du patriarcat grec-melkite-catholique de Jérusalem, l’école du village des bergers de Noël, Beit Sahour, qui compte environ 600 élèves de 3 à 18 ans, a obtenu un premier subside de 2 500 €, qui servira également à payer des salaires en souffrance : nous avons été sollicités à cette fin par Mgr Jules Zerey, vicaire patriarcal, qui honore avec son clergé les intentions de messe en Terre Sainte que vous nous confiez. Là aussi, nous espérons que ce n’est que le début d’une belle collaboration en faveur de cette école.

Terminons par la Syrie. Les exactions des islamistes contre le patrimoine chrétien nous convainquent de la pertinence de notre soutien à des initiatives de sauvegarde de manuscrits anciens. En 2014, nous avons dû nous limiter à un modeste tribut de 1 000 € pour la numérisation des archives maronites d’Alep. Nous avons répondu aux appels au secours de deux familles que nous connaissons bien, en leur accordant un subside exceptionnel de 6 500 €, leur permettant de faire face à d’urgents frais médicaux (opération) et de réparer un immeuble d’habitation bombardé. Ces aides ponctuelles et pour ainsi dire « privées » peuvent paraître dérisoires, voire injustes (pourquoi ces familles et pas d’autres ?), mais le bien qui est fait est fait. Comment, pour l’heure, agir autrement ? Néanmoins, nous focalisons une aide plus « structurelle » sur le diocèse grec-melkite-catholique de Homs, Hama, Yabroud, dont nous vous avons déjà présenté l’évêque, Mgr Jean-Abdo Arbach. Ami personnel du pape François et comme lui attentif à la souffrance des plus pauvres, Mgr Arbach est un pasteur dont l’intégrité, le dévouement et l’humilité nous inspirent la plus entière confiance. Entre ses mains, vos dons sont vraiment dirigés vers ceux qui en ont besoin. Nous lui avons confié en 2014 quelque 37 500 €. L’ayant rencontré au début de janvier à Lille, nous avons reçu un dossier très complet sur les réalisations accomplies grâce à votre générosité et sur les projets courageux que porte son diocèse. Pour la première fois depuis longtemps, des nouvelles plus optimistes et des signes d’espoir nous parviennent de Syrie : depuis que le diocèse de Mgr Arbach a été libéré des factions islamistes, au printemps dernier, de nombreuses familles qui avaient fui sont revenues. Immédiatement, les gens ont retroussé leurs manches, reconstruisant les écoles, les dispensaires, les centres catéchétiques, les églises qui, à des degrés divers, avaient subi des déprédations ou avaient été détruits. La vie pastorale et liturgique a repris avec ferveur, malgré une grande précarité et l’incertitude de ce que sera demain. Vos dons épaulent notamment le diocèse dans la distribution de paniers alimentaires, l’aide aux soins de santé, aux loyers, à la scolarité des enfants, etc. Soulignons que non seulement 1 200 familles chrétiennes pauvres du diocèse ont bénéficié de vos dons, mais aussi 300 familles musulmanes, car la charité à laquelle invite l’Évangile vaut pour tous. En témoignant d’un amour qui dépasse les clivages confessionnels, l’Église prépare la reconstruction d’une Syrie où les différentes communautés doivent réapprendre à vivre ensemble. Nous avons promis à Mgr Arbach de tenter de lui apporter en 2015 un soutien au moins équivalent à celui donné l’an dernier.