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Les Eglises "orthodoxes" non chalcédoniennes

1. L'Église de l'Orient

Connue encore (mais depuis le XIXe s. seulement) sous le nom d'Eglise assyrienne ou d'Eglise "nestorienne" (c'est un terme à éviter désormais), cette Eglise continue les traditions de la chrétienté syriaque de Mésopotamie et de Perse qui, au Ve s., refusant les anathèmes du concile d'Ephèse (431), se constitua progressivement en Eglise indépendante. L'Eglise "nestorienne" a toujours été une minorité dans la Perse sassanide d'abord, musulmane ensuite. Mais elle a connu au Moyen-Âge un élan missionnaire extraordinaire, touchant des contrées aussi éloignées que la Mongolie, le Thibet, la Chine, la Malaisie ou Sumatra. Les invasions du mongol Tamerlan, à la fin du XIVe s. brisèrent net cette expansion. Au XVIe s., l'Eglise de Perse-Mésopotamie était réduite à un petit nombre de fidèles, la plupart vivant dans les provinces orientales de l'actuelle Turquie. Près d'un tiers d'entre eux périrent lors de la première guerre mondiale à la suite de massacres et de déportations. La plupart des survivants se réfugièrent en Irak, où ils connurent de nouvelles persécutions et dispersions en 1933, causant l'exil d'un grand nombre en Syrie (rives du Khabour) et aux Etats-Unis. Depuis 1450, le patriarcat était devenu héréditaire (d’oncle à neveu). Cette situation, la personnalité controversée du patriarche Mar Shimoun XXIII exilé aux U.S.A. depuis 1933 et l'adoption par ce dernier du calendrier grégorien en 1964 débouchèrent sur un schisme qui, après bien des tribulations (dont l'assassinat de Mar Shimoun XXIII en 1975), est aujourd'hui en voie d'apaisement (la famille patriarcale ayant été définitivement évincée) mais non totalement résolu.
C'est à l'Eglise de Perse que, depuis le IVe s. au moins, les "Chrétiens de Saint Thomas", dans l'Etat indien du Kérala, se rattachaient. Latinisés par les Portugais au XVIe s., nombre d'entre eux choisirent par la suite d'entrer dans la communion de l'Eglise syrienne orthodoxe (voir ci-après). Mais une petite communauté (dite de Trichur) est revenue dans le giron de l'Eglise assyrienne en 1908. Elle compterait environ 15.000 fidèles.
 

Patriarche: S.S. Mar Denkha IV (né en 1935, élu en 1976), Catholicos Patriarche de la Sainte Eglise Apostolique Catholique Assyrienne de l'Orient (résidence: Morton Grove, près de Chicago, U.S.A.). Nombre de fidèles: 255.000 (dont 130.000 aux U.S.A., Canada, Australie, petite diaspora en Europe).

 
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[ Patriarche de l'Eglise dissidente: S.S. Mar Addai II (né en 1946, élu en 1972), Catholicos Patriarche de l'Ancienne Eglise Apostolique et Catholique de l'Orient (résidence: Bagdad, Irak). Nombre de fidèles: 50.000. Lien :  Homepage ]
 

2. L'Église syrienne orthodoxe

Les origines de cette Eglise se confondent avec celles du christianisme et, plus particulièrement, de l'Eglise d'Antioche. Le concile de Chalcédoine (451) provoqua la division de la chrétienté antiochienne; persécutée, cette Eglise dut sa survie à l'action de l'évêque Jacques Baradée († 578), raison pour laquelle elle est souvent appelée "Eglise jacobite". Contrairement aux "mekites" byzantinisés au Moyen-Âge, l'Eglise non chalcédonienne conserva ses traditions syriaques. Après l'invasion mongole de Tamerlan (XIVe s.), elle vit ses effectifs décroître dramatiquement. Pendant la première guerre mondiale, les Syriens orthodoxes de Turquie orientale furent, comme les Arméniens et les Assyro-chaldéens, victimes d'une terrible persécution. Au milieu du XVIIe s. une grande partie des "Chrétiens de Saint Thomas" (Inde) latinisés par les Portugais rompirent avec la hiérarchie catholique et — bien qu'ils fussent auparavant liés à l'Eglise "nestorienne" de Mésopotamie (voir ci-dessus) — s'adressèrent au Patriarche syrien orthodoxe pour obtenir un évêque. Mais un schisme intermittent divise depuis 1912 cette église chrétienne "syro-malankare" des Indes en deux branches: l'Eglise dite aujourd'hui malankare syrienne orthodoxe, unie au Patriarcat d'Antioche, et l'Eglise malankare orthodoxe syrienne autonome (voir ci-dessous).
 
Patriarche : S.S. Mar Ignace Zakka 1er Iwas (né en 1933, élu en 1980), Patriarche Syrien Orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient, Chef Suprême de l'Eglise syrienne orthodoxe universelle (résidence: Damas, Syrie). Nombre de fidèles : 340.000, dont 150.000 en diaspora (U.S.A.. Europe, Canada).
 
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[ L'Eglise malankare-syrienne-orthodoxe. au Kérala (Inde) et en diaspora, compte environ l million de fidèles; S.B. Mor Baselios Thomas I, Catholicos de l’Église malankare-syrienne-orthodoxe, (né en 1929, élu en 2002).  Signalons aussi l'existence, depuis 1772 d'une petite Eglise dissidente (5.000 fidèles?) dite "syrienne malabare d'Anjur-Thozhiyur", née à la suite d'un conflit de personnes.

Lien : http://www.syrianorthodoxchurch-india.org


3. L'Eglise malankare orthodoxe syrienne

Depuis 1912, existait au sein de l'Eglise syrienne orthodoxe des Indes une vive dissension entre un parti favorable à l’autocéphalie complète et un autre partisan de l'union avec le Patriarcat syrien d'Antioche. Après des litiges sans fin, notamment devant les tribunaux, des réconciliations passagères et des tentatives de compromis, la rupture a été aggravée lorsqu'en 1975, le patriarche syrien d'Antioche a excommunié le catholicos de l'Eglise autocéphale et lui a opposé un catholicos-maphrien uni au Siège d'Antioche.

 

Patriarche:  S.S. Mor Moran Baselios Mar Thomas Didymos I, Catholicos de l'Orient, Métropolite de l'Eglise malankare orthodoxe syrienne, 90e successeur du trône de S. Thomas l'Apôtre (né en 1920, élu en 2005). Nombre de fidèles: 1 million, dont certains en diaspora.

 

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4. L'Eglise copte orthodoxe

Lorsqu'en 451, dans son immense majorité, l'Eglise d'Egypte demeura fidèle aux formulations christologiques de saint Cyrille d'Alexandrie et refusa l'anathème prononcé à Chalcédoine contre son chef, le patriarche Dioscore, plus de 90 % des Egyptiens étaient chrétiens. L'Eglise copte devint de plus en plus une Eglise nationale aux caractères liturgiques, théologiques et spirituels très spécifiques. L'invasion arabe, au VIIe s., n'entraîna pas l'islamisation immédiate du pays. Les chrétiens restèrent majoritaires jusqu'à la fin du IXe s. au moins. Ils sont aujourd'hui encore une forte minorité, de 6 à 20% de la population, selon les estimations contradictoires difficilement vérifiables. Un phénomène nouveau est l'apparition d'une diaspora (Amériques, Australie, Europe, Arabie et pays du Golfe, etc.), née des difficultés économiques du pays et de la montée en force de l'islamisme politique. Mais l'émigration reste limitée. Le monachisme connaît un renouveau étonnant.

 

Patriarche: S.S. Shenouda III (né en 1923, élu en 1971). Pape d'Alexandrie et Patriarche de la Prédication de Saint Marc et de toute l'Afrique (résidence: Le Caire, Egypte). Nombre de fidèles: de 3 à 11 millions (estimations très contradictoires), dont 500.000 en diaspora.

 

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5. L'Eglise éthiopienne orthodoxe

Née au IVe s. de l'action évangélisatrice de saint Frumence, un syrien naufragé sur les côtes éthiopiennes, ayant ensuite bénéficié du rayonnement missionnaire de l'Eglise copte d'Egypte, l'Eglise d'Ethiopie a maintenu jusqu'en 1959 des liens de sujétion avec le Patriarcat d'Alexandrie, qui désignait son chef (appelé l’Abuna). Depuis, elle a son propre patriarche et sa hiérarchie totalement autochtone. L'Eglise d'Ethiopie a longtemps vécu dans un grand isolement, développant une spiritualité, une théologie, des usages liturgiques particuliers, très marqués par le modèle de l'Ancien Testament. L'influence du monachisme y est prépondérante. Le christianisme fut religion d'Etat en Ethiopie jusqu'à la révolution de 1974 qui renversa le Négus Haïlé Sélassié, dont la dynastie se targuait de descendre des amours de Salomon et de la reine de Saba. L'Eglise a souffert une période de persécution. Sa situation s'est aujourd'hui améliorée.

 

Patriarche: S.S. Abuna Paul Gebre Yohannes (né en 1935, élu en 1992), Patriarche d'Ethiopie, Etchéghié du Siège de Takia Hâymânot[1] (résidence Addis Abeba, Ethiopie). Nombre de fidèles: 29,6 millions (soit 52 %, d'une population de 57 millions d'Ethiopiens; il y a aussi une diaspora en Europe et aux Etats-Unis, née de la révolution).

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[1] L'ctchéghié est le titre que portait autrefois en Ethiopie le supérieur du couvent de Dabra Libânos, fondé par saint Takia Hâymânot († 1313), qui était considéré comme le chef de tous les moines du pays. Aujourd'hui, cette fonction est passée entre les mains du patriarche.

6. L'Église d'Erythrée

Colonisée par les Italiens au siècle dernier puis intégrée dans l'empire de Haïlé Sélassié en 1952, l'Erythrée, au terme d'une longue guerre qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui, est devenue indépendante en 1993. Avec l'aval du patriarcat copte d'Alexandrie, une Eglise autocéphale d'Erythrée a aussi vu le jour en 1998, dont les traditions et le patrimoine sont cependant quasi identiques à ceux de l'Eglise d'Ethiopie. Un premier patriarche fut consacré par le pape copte Shenouda III en 1998. Les relations difficiles de cette église avec le gouvernement érythréen ont conduit à la déposition du 3ème patriarche, Antonios, en 2005. Le siège est resté vacant pendant près de deux ans.

Patriarche: S.S. Abuna Diskoros (né en 1935, élu en avril 2007), Patriarche de l'Eglise Orthodoxe d'Erythrée (résidence: Asmara). Nombre de fidèles: 1.7 million de fidèles (sur une population de 4,9 millions).

7. L'Eglise apostolique arménienne

L'ancienne Arménie (correspondant à l'est de la Turquie actuelle et aux régions limitrophes de l'ex-U.R.S.S. et de l'Iran), est la première nation à avoir adopté officiellement le christianisme, à la suite de la conversion, en 301, du roi Tiridate III par saint Grégoire l'Illuminateur. Pour cette raison, l'Eglise arménienne est parfois dite "grégorienne". Au XIe s., l'ancien royaume d'Arménie fut annexé par l'empire byzantin puis progressivement occupé par les Turcs seidjoukides. De nombreux Arméniens se réfugièrent plus au Sud, en Cilicie, où fut créé le royaume de Petite Arménie, qui se maintint jusqu'au XIVe s. Depuis lors, et jusqu'à la renaissance d'une république arménienne réellement indépendante en 1991, les Arméniens furent privés d'un Etat qui leur fût propre. En outre, le phénomène de la diaspora n'a cessé de s'accentuer. L'identité de la nation arménienne fut sauvegardée par la langue et la religion. En 1915-1917, les Arméniens de Turquie eurent à souffrir le premier grand génocide du XXe s. (1.500.000 morts au moins). L'Eglise arménienne est divisée en quatre juridictions autonomes, bien que l'ensemble des fidèles reconnaissent au Catholicos d'Etchmiadzin une primauté en tant que chef spirituel de leur nation.

7.a. Le Catholicos d'Etchmiadzin: S.S. Karékine II Nersissian (né en  1951, élu en  1999), Patriarche Suprême et Catholicos de tous les Arméniens (résidence: Etchmiadzin, République d'Arménie). Nombre de fidèles: 3,8 millions en Arménie et ex-U.R.S.S., et l ,7 millions en diaspora  (notamment l'Iran, l'Irak, l'Inde, l'Egypte, l'Ethiopie, l'Europe, les Amériques et l'Australie). 

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7.b. Le Patriarche de Jérusalem: S.B. Thorgorn Manoukian (né en 1919, élu en 1990), Patriarche arménien du Trône Apostolique de Saint Jacques de Jérusalem (résidence: couvent Saint-Jacques de Jérusalem). Responsable des Lieux Saints de Jérusalem qui appartiennent aux Arméniens et de la petite communauté locale, avec juridiction sur Israël, la Palestine, la Jordanie. Nombre de fidèles: 7.700.

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7.c. Le Patriarche de Constantinople:  S.B. Mesrob Mutafyan (né en  1956, élu en  1998), Patriarche arménien de Constantinople (résidence: Istamboul, Turquie). Il étend en principe sa juridiction sur les Arméniens du territoire turc. Dans la réalité, seule subsiste la communauté d'istamboul. Nombre de fidèles: 65.000.

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7.d. Le Catholicos de Cilicie: S.S. Aram l" Keshishian (né en 1947, élu en 1995), Catholicos des Arméniens de la Grande Maison de Cilicie (résidence: Antélias, près Beyrouth, Liban). Sa juridiction comprend les Arméniens du Liban, de Syrie, de Chypre et de Grèce et d'une partie de la diaspora provenant de ces pays. Nombre de fidèles: 500.000.

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